Diego Garcia : un si long exil

Publié le par marie.c hardouin

ile.jpgIl y a quelques jours, le gouvernement britannique s’indignait de n’avoir pas été informé que, contrairement à ce qu’affirmaient les Américains, en 2002, des vols transportant des suspects de terrorisme avaient fait escale sur l’île de Diego Garcia, territoire britannique dans l’océan indien. Gordon Brown, le premier ministre a déclaré "partager la déception de tout le monde" à propos de ces deux escales et jure ses grands dieux que cela ne se reproduirait plus. 

Là n’est pas le scandale et ce ne sont pas les chagossiens, interdits de séjour sur leur île qui me contrediront. Diego Garcia, île de l’archipel des Chagos. Situé au cœur de l’océan indien, cet archipel s’étale sur une superficie de 50 000 km2. Sur le planisphère, les petites taches qui représentent les îles m’ont toujours fait penser aux larmes de l’Inde. Diego Garcia, Salomon et Peros Banhos, les trois îles principales,  appartiennent au Royaume–Uni.

En 1966, le Royaume-Uni loue, pour une période de cinquante ans, Diego Garcia, la plus grande des îles de l’archipel aux Américains. Ces derniers souhaitent y installer une base militaire, ils posent pour condition l’évacuation de la population et le maintien de l’archipel sous la tutelle de la couronne britannique. Ainsi fut fait. Les deux mille habitants de l’archipel commencèrent à être délocalisés contre leur gré, ceux qui en partaient au motif d’un voyage, d’une visite à un parent ou pour se faire soigner sur l’île Maurice (cinq jours de mer) furent empêchés de revenir chez eux. Les récalcitrants, après maintes intimidations et privations furent évacués plus ou moins manu militari avec quelques affaires. Ils n ‘eurent aucun droit d’emmener, les animaux (vaches, poules, chèvres, etc…) et furent dispersés entre l’île Maurice et les Seychelles.

Trente ans après leur exil, en 1997, les archives officielles déclassifiées prouvent que les natifs des Chagos sont citoyens britanniques. La Grande-Bretagne est poursuivie devant la Haute cour de Londres pour avoir déporté ses propres citoyens. En 2000, elle est condamnée à autoriser le retour des chagossiens dans leurs îles.

Les attentats du 11 septembre 2001 viennent tout compliquer. Les Américains se servent de la base militaire à Diego Garcia pour leurs bombardements en Afghanistan. Les Britanniques laissent traîner les études de faisabilité pour le retour des habitants qui tenteront en vain plusieurs actions.

En 2004, deux décrets du Royaume-unis, interdisent aux chagossiens ne possédant pas un permis officiel l’accès de leur archipel et ceux qui ont pu obtenir ce document doivent éviter l’île de Diego Garcia. L’argumentaire qui justifie cette décision prend appui sur trois points :   

Economiquement, les Britanniques estiment que le coût du repeuplement est trop onéreux.

Ecologiquement, le problème principal que rencontreraient les nouveaux occupants serait les inondations dues au réchauffement de la planète qui menaceraient non seulement les infrastructures mais aussi les sources en eau potable et la production agricole.

Politiquement, compte tenu du terrorisme international, Américains et Anglais considèrent que cette base militaire est indispensable à l’équilibre mondial. 
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