Flosse, le "monarque" polynésien s'accroche à son trône
"Nous avons deux drames en Polynésie. Le premier, c'est d'y avoir Gaston Flosse. Le second, c'est que nous ne pouvons pas nous en débarrasser." Bernard Pons, Ministre des Départements et Territoires d'Outre-Mer du gouvernement de Jacques Chirac (20 mars 1986 - 12 mai 1988)
Quoi de neuf sous le soleil ? Apparemment rien, une fois de plus, le renard Gaston Flosse ,76 ans, prouve qu’il n’a rien perdu de sa ruse pour s’accrocher au siège de président de la Polynésie française qu’il a déjà occupé pendant 16 ans. Pourtant largement battu aux élections du 10 février, Gaston Flosse, grand ami de Jacques Chirac, a réussi à reprendre le pouvoir au « troisième tour », grâce à une alliance improbable avec son adversaire de toujours, l'indépendantiste Oscar Temaru. Le 30 janvier, le président polynésien s’était engagé : «A l’issue du second tour, le 10 février […], le Tahoeraa Huiraatira ne conclura aucune alliance avec les indépendantistes, j’en fais le serment.» Seul les imbéciles ne changent pas d’avis a dû se dire, le sénateur UMP. Gaston Tong Sang qui avait emporté les suffrages en est pour ses frais. Cet ancien lieutenant de Gaston Flosse avait eu l’outrecuidance de ne pas choisir Laurent Fritch, gendre de Gaston Flosse pour la présidence polynésienne.
L’homme traîne quelques casseroles : mis en examen à maintes reprises - pour "faux et usage de faux", "trafic d'influence", "prise illégale d'intérêts" "emplois fictifs" -, il est toujours passé au travers des mailles des filets de la justice.
Mais l'homme est généreux avec ses amis en témoigne cette anecdote piochée dans un article du monde daté du 22 mai 2005 :
« Dans la perspective du voyage officiel effectué par le président de la République, en juillet 2003 dans les territoires français du Pacifique, "Gaston" avait d'ailleurs cru bien faire en voulant mettre les petits plats dans les grands. Il avait fait construire à Tupai, domaine privé du territoire, situé au nord de Bora-Bora, un bungalow amélioré pour y accueillir son hôte et sa famille. Coût : 60 millions de francs CFP, soit 500 000 euros. Le lagon de cet îlot désert a la particularité de n'avoir pas de fond, et le récif de corail qui l'entoure n'offre pas de passe pour les bateaux. Tout, y compris les petits fours, doit donc y être acheminé par avion, ce qui finit par coûter cher. Flairant une campagne de presse comparable à celle qui avait suivi les vacances du couple présidentiel à l'île Maurice il y a quatre ans, Claude Chirac avait mis son veto à cette escapade à Tupai. »
En attendant, les électeurs s'en accommodent, du moins tant que l'Etat maintient l'économie sous perfusion. Les transferts de métropole vers ce territoire du Pacifique s'élèvent à 1,35 milliards d'euros par an, pour un PIB polynésien de 4,5 milliards.
Un voyage du président Sarkozy était prévu au printemps. Interrogé sur son maintien ou non, l'Elysée n'a pas souhaité répondre.