Medvedev : La voix de son maître ?

Publié le par marine

poup-e-tete.jpgSans surprise, Dmitri Medvedev a remporté les élections présidentielles en Russie  avec 70% des voix. Le dauphin de Vladimir Poutine devient ainsi le nouveau locataire du Kremlin.  Il est décrit comme poli, affable, loyal, effacé, sur ces critères, il a donc tout pour plaire à Poutine. Mais rappelons que le successeur de Boris Eltsine avait été choisi parce qu’il apparaissait comme un être loyal, susceptible d'être manipulé ! 

place-rouge.jpgLa popularité de Poutine doit beaucoup à la hausse des hydrocarbures. Cette manne providentielle a permis de sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il était englué. Fortes de ces capacités budgétaires, les caisses de l’état se sont remplies qui ont permis une politique de hausse des salaires et des retraites. En 2000, le salaire moyen était de 80 dollars, aujourd'hui il atteint 550 dollars (361 euros). Même si tout n’est pas rose au pays des soviets (plus de dix millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, certaines zones rurales sont laissées à l’abandon : infrastructures très délabrées et par endroit, ni eau courante ni électricité) les Russes vivent mieux qu’il y a dix ans. Ils ont troqué les libertés politiques pour un mieux être économique.

En quelques années les hommes du pouvoir ont réussi à constituer des empires industriels et financiers dans une Russie de moins en moins démocratique. Les institutions comme le parlement, (parlementaires issus de la nomenklatura bénéficiant d’un certain nombre de privilèges et bien payés dont le rôle consiste à signer les lois proposées par le Kremlin), les tribunaux, les chaînes de télé, sont tenues par le pouvoir du Kremlin. 

Le style des deux hommes se joue sur des modes diamétralement opposés. Dmitri Medvedev, 42 ans n’a pas été biberonné à l’idéologie soviétique. Il n'est pas lié à la structure FSB (ex-KGB). Il appartient au clan  des pragmatiques, celui des libéraux technocrates. Petit juriste tranquille, il semble plus intellectuel, mieux éduqué, plus calme que l’autoritaire Poutine qui n'hésite pas à émailler ses discours de bonnes blagues de régiment. Dmitri Medvedev marquerait une ouverture plus grande vis à vis de l’étranger conscient que la mondialisation ne peut être que profitable à l’économie russe.

A deux reprises, Poutine a expliqué comme il voyait la cohabitation. Il  assumera le gros de la charge au poste de premier ministre et laissera à Dmitri Medvedev le soin d'appliquer l'ordre du jour qu'il a choisi.  Ce gouvernement bicéphale repose sur un accord passé entre les deux hommes dont rien ne dit que le scénario ne dérape pas.


Venez-donc voter

65% des Russes se sont rendus aux urnes. Tout a été fait pour qu’ils aillent voter : les opérateurs mobiles ont envoyé des SMS incitant à se rendre aux urnes. A Moscou, de nombreux fonctionnaires ont affirmé avoir reçu l’ordre de leur hiérarchie pour aller. A Djerjinsk (centre), la municipalité envisageait de récompenser les jeunes électeurs par des invitations pour des boîtes de nuit et de proposer aux plus âgés, dans l’enceinte même des bureaux de vote, sucre, céréales et conserves à prix bradés. Certains bureaux auraient organisés des loteries....

Mais au fait, en fin de semaine ce sera notre tour de nous rendre aux urnes. Quel sera le taux de participation à ces élections libres dans notre belle démocratie ?

 




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