Terre natale - Ailleurs commence ici

Publié le par marine

200 millions de personnes seront forcées de se déplacer d’ici 2050. Cet exode, sans précédent dans l’histoire humaine, intimement lié à la mondialisation et au changement climatique, rencontre la finitude de l’espace géographique, « la disparition de la grandeur du monde » avec la révolution des transports et des télécommunications.

 

Que reste-t-il du monde, de la terre natale, de l’histoire de la seule planète habitable aujourd’hui ? » Telle est la question que se posent Raymond Depardon, cinéaste et photographe et Paul Virilio, urbaniste et philosophe à travers ce qui se présente plus comme une installation artistique – documentaire plus que comme une exposition classique. A voir à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

 

Il n’est plus nécessaire de présenter le travail de Raymond Depardon qui vient d’obtenir le prix Louis Deluc pour la dernière partie de sa trilogie « profiles paysans – La vie moderne ». Il signe pour cette exposition deux films. Le premier donne la parole à ceux qui enracinés dans leur terre natale, se sentent menacés par sa disparition. Un film militant sans être pesant. Le deuxième film « Tour du Monde en 14 jours ». parcours de grandes agglomérations : Washington, Los Angeles, Honolulu, Tokyo, Hô Chi Minh-Ville, Singapour et Le Cap. Urbains pressés, en transit, attachés simplement à leurs écouteurs et leurs i-pod. Images rapides, dénuées de mots pour mieux souligner l’absurdité de nos mouvements et Illustrer l’uniformisation qu’induit la mondialisation à l’inverse du film précédent qui s’emploie à dévoiler une variété de modes de vie. Deux films qui s’opposent pour un même propos.

 

Au sous-sol de la Fondation Cartier, place à la théorie. Paul Virilio questionne la notion de terre natale au 21e siècle. Il annonce la création d’outre-monde, des hubs en quelque sorte. Propos qu’il illustre par un flux d’images d’actualité projeté en boucle sur une cinquantaine d’écrans. Mais la problématique révèle toute son ampleur dans un multimédia époustouflant réalisé par le studio multidisciplinaire Diller Scofidio + Renfro qui réussit l’exploit de montrer la mondialisation en mouvement à travers les migrations depuis une vingtaine d’années. Cartographie inédite, visualisation dynamique des migrations et de leurs causes : économiques, politiques, environnementales. Projection circulaire qui créée un environnement immersif. La sphère terrestre tournant autour de la salle, traduit et retraduit à chaque orbite, les différentes données migratoires sous formes de cartes, de textes et de trajectoires. Tellement parlant qu’il demanderait à être diffusé le plus largement possible. Techniquement difficile, dommage.

 

Le visiteur, même s’il n’en apprend pas tellement plus qu’il ne connaissait déjà, repart avec plus d’interrogations surement qu’il n’en avait en entrant dans l’exposition. Pas si mal parfois un bon remue-méninge.

 

« Terre natale, ailleurs commence ici »,  Raymond Depardon et Paul Virilio, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, jusqu’au 15 mars 2009, tous les jours sauf le lundi de 11h à 20H, le mardi jusqu’à 22h, Tarif : 6,50 euros ; TR 4,50 euros, gratuit pour les moins de 10 ans et pour les moins de 18 ans le mercredi de 14h à 18h

261 bd Raspail, Paris 14e, Métro Raspail ou Denfert Rochereau, 01 42 18 56 50.

 

Publicité

Publié dans bleu

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article