En voeux-tu en voilà : Sénégal

Publié le par marine

Comme l'exige la tradition, tous les présidents ont présenté leurs voeux de "bonne année".  Au Sénégal, Abdoulaye Wade, le président n'y a pas manqué, il a même reconnu que des "erreurs" avaient été commises dans la gestion des finances publiques en 2007 et 2008 ayant abouti à une très lourde dette intérieure mais il écarte toute "malversation".

Le chef de l'Etat sénégalais, au pouvoir depuis huit ans, âgé de 82 ans a usé tout son crédit et ne trompe personne. La corruption est un mal endémique en cette contrée et la situation du pays est assez préoccupante. Depuis 2006, les pirogues quittent les côtes avec à leur bord les candidats à l'émigration qui veulent tenter leur chance en Europe.

Le dernier roman de l'écrivain sénégalais Abasse Ndione raconte les tentatives de ses compatriotes pour gagner l'Europe par le mer. Dans une interview accordée au "Courrier international", l'auteur explique les raisons qui poussent les jeunes à monter dans les pateras par le marasme, le chômage, la corruption qui s'est aggravée, la vie de plus en plus chère avec le doublement prix du riz et d'autres denrées ....

"Ici, tout le monde est pauvre. 80% des Sénégalais vivent avec moins de deux dollars par jours" précise-t-il. Les jeunes mais pas qu'eux... les chômeurs mais pas qu'eux... s'embarquent sur les pirogues. Les familles dont l'un des membres travaille en Europe, s'en sortent bien pour peu qu'elles reçoivent 150 euros par mois. Les filles ne rêvent pour la plupart que d'attraper un "thiof", un européen et peu importe ce qu'il fait. Alors mourir en mer... "Ici au Sénégal, notre condition sociale est une mort à petit feu." le récit est poignant.

L'écrivain est un sage, fils d'un pêcheur, il a exercé pendant une trentaine d'années le métier d'infirmier. Il s'est toujours tenu éloigné des cercles de la bourgeoisie intellectuelle et continue à vivre dans le village familial dans la banlieue de Dakar. Ces livres sont publiés chez Gallimard.

Après avoir entendu le voeux de leur président, deux intellectuels résumaient ainsi leur pensée : "ce dont nous avons le plus besoin, c’est que l’on nous rende notre dignité, par la restauration de la justice, de la transparence, du dialogue national sans exclusive, du genre des Assises nationales. En somme, de la Démocratie. La vraie !

Il y eut un rêve qui s’appelait Sénégal, pour lequel des hommes ont consacré leurs vies. Quarante années d’indépendance n’auront pas suffit à donner à ce rêve toute sa mesure et sa plénitude. Aujourd’hui, face à un horizon qui n’augure rien de bon, il est plus qu’urgent de décider quel Sénégal nous voulons léguer à nos enfants.
"


Karim Wade, fils du président, vise la succession de son père. Le jeune homme a un sens des affaires incomparable, et le soutien de son père. De plus, il bénéficie des conseils de Nicolas Sarkozy qui l'a convaincu fin août de briguer la mairie de Dakar. Toute ressemblance ou similitude avec des faits ayant eu lieu ou des personnages ayant existé, est tout à fait fortuite !


Publicité

Publié dans rouge

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article