Visa pour l'image : plein la vue, plein la vie

Publié le par marine

Actuellement, la ville qui contient le plus de photographes professionnels dans le monde est bien Perpignan et Dali y aurait certainement vu un indice supplémentaire confirmant son hypothèse que c'est à l'emplacement où s'élève la gare de Perpignan que se situe le centre du monde. Dans les rues de la ville, il est facile de reconnaître ces professionnels de l'image au badge qu'ils portent en collier. Et pour les soirées du festival, ils sont des milliers au Campo santo, à occuper les chaises de l'amphi, installé sur le flanc de la cathédrale, pour une projection de reportages photographiques sur écran géant, magnifiquement sonorisés. Somptueux..

21e édition de ce festival et pas le dernier puisque que les financements en sont assurés jusqu'en 2014 est un très bon cru selon les habitués. Et si les esprits chagrins annoncent la mort de ce métier de photojournalistes, un petit tour à Perpignan les fera surement changer d'avis.

"Alors, et Perpignan dans tout cela ? Nous ne serons pas le dernier refuge des dinosaures. Au contraire, nous allons montrer que la production de qualité existe toujours, même si elle est de plus en plus rare. Explorer de nouvelles pistes, définir de nouveaux standards. Parce que nous ne creuserons pas la tombe de cette profession. Nous ne rejoindrons pas le club des fossoyeurs de la presse. Nous continuerons à nous battre aux côtés de ceux qui veulent continuer à croire à un journalisme de qualité. C’est plus qu’un souhait. C’est un serment !" Jean-François Leroy, le directeur et fondateur du festival l'affirme et le confirme à travers toutes les expositions présentées.

La personnalité à l'honneur sur les clichès : Obama, il fallait s'en douter et très beau reportage de Callie Shell qui a suivi Barack Obama depuis 2006, alors qu'il n'était pas encore candidat aux présidentielles et que son équipe de campagne ne comptait qu'une voiture et trois passagers : le chauffeur, Obama et la photographe... Une épopée en images d'une grande sensibilité et d'une infinie délicatesse. Côté social, magnifique sujet offert par l'américaine Brenda Ann Kenneally, le rêve américain en morceaux illustré à travers les familles de Troy, ville industrielle qui incarnait les promesses d'avenir. Et, à couper le souffle d'émotion, "War is personal" d'Eugene Richards, quinze essais, photographies et textes sur des Américains dont la vie a été profondément bouleversée par la guerre en Irak.

La mort du photographe Christian Poveda, assassiné par balles sur une route au nord du San Salvador en revenant d'un tournage dans la banlieue de La Campanera, contrôlée par les gangs laissé le festival Visa sous le choc rappelant s'il en était besoin la dangerosité du métier de photojournaliste. "On est tous sous le choc. Tout le monde lui disait que c'était dangereux. Lui, il disait être sûr qu'il ne courait aucun risque. Il était heureux que son film sorte fin septembre, c'était enfin une reconnaissance de son travail après de nombreuses années", a déclaré Jean-François Leroy.


Si vous ne pouvez vous y rendre cette année, prévoyez d'y aller au cours des cinq prochaines années à venir. Il le faut ... pour témoigner que le photoreportage est loin d'être le moribond que l'on prétend.

Aperçu : http://www.visapourlimage.com/

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Publié dans arc en ciel

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