Du vent dans les voiles

Publié le par marie.c hardouin

danse-des-pigeons.jpg«….. Si le voile est un obstacle à leur liberté, c'est à dire à leur immersion totale dans

leur société, alors elles doivent réfléchir et chercher à s'approprier les valeurs de la société française qui est la leur. Les filles musulmanes doivent chercher et parler des valeurs coraniques qui s'adressent à l'humanité toute entière. Elles ne doivent pas se focaliser sur le voile ou d'autres sujets semblables qui dépendent plus d'un contexte variable que d'une vision stable du monde. » ainsi Mahmoud AZAB* en 2004 concluait-il une interview visant à expliquer les écrits du Coran au sujet du port du voile. S’exprimerait-il en ces termes pour s’adresser aux jeunes femmes turques désirant conservant le leur pour suivre les cours à l’université.

 

 

Le moindre des paradoxes n’est–il pas que la Turquie musulmane à 99% campe sur des positions strictement laïques. Et dans le même temps, qu’Abdullah Gül, le président de la République (Parti de la justice et du développement - AKP) ait bénéficié des voix islamistes mais aussi modernistes pour son engagement en faveur de l’entrée de la Turquie en Europe.

 

L’amendement à la Constitution autorisant les étudiantes à porter le voile à l'université a été voté la semaine passée. Seul, le hidjab, voile qui couvre les cheveux sera toléré dans les universités. Les milieux laïcs n’ont pas dit leur dernier mot. L’affaire du foulard islamique doit laisser Mustapha Kemal Atatürk, tout songeur dans son mausolée à Ankara.

 

Pendant ce temps, sans tapage médiatique, au prétexte de prévenir les attentats terroristes, les caméras de vidéosurveillance se multiplient dans les métropoles turques. Celalettin Cerrah, chef de la sécurité à Istanbul, a annoncé l’installation de 1350 nouvelles caméras dans les rues d’Istanbul. 2000 ont déjà été mises en service depuis 2004 et des centaines d’autres dans le réseau de transport en commun, notamment les vapur.

 

Et les belles voilées danseront sur les écrans de vidéosurveillance.

 

* Après des études à l'université d'Al Azhar au Caire, Mahmoud Azab obtient en France un Doctorat en études sémitiques (Sorbonne 1978). Il a été professeur de langues sémitiques à l'université d'Al Azhar au Caire. Il a été professeur coopérant

chargé de l'enseignement bilingue au sein de nombreuses universités africaines (Niger, Tchad.). Il a également été délégué de l'Université d'Al Azhar aux conférences internationales de dialogues interculturels. Il a été nommé en 1996 à Paris comme professeur associé d'arabe classique (langue et littérature) à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales où il est professeur titulaire d'islamologie depuis 2002.

L’intégralité de cet entretien est disponible sur le site oulala.net.

 

Publicité

Publié dans rouge

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article