La chasteté et la juge
Alors que sa fiancée lui avait affirmé qu'elle avait été chaste avant de le rencontrer, une valeur essentielle pour lui, l'homme, musulman comme elle, a découvert le soir de leurs noces, le 8 juillet 2006, que ce n'était pas le cas. Le tribunal a annulé l'union estimant que l'époux l'avait conclue "sous l'empire d'une erreur objective" et qu'"une telle erreur était déterminante dans son consentement", selon le jugement publié dans la revue juridique le "Recueil Dalloz". A l'annonce de ce jugement, les réactions indignées fusent de toutes parts.
La mariée n'était pas vierge et alors depuis quand est-ce un crime ? Depuis quand la justice se mêle-t-elle de la chasteté des femmes avant le mariage alors que celle des hommes n'est même jamais évoquée? Le tribunal de grande instance de Lille aurait mieux fait de s'abstenir d'accepter de juger pareille affaire, indigne de la justice en ce qu'elle remet en cause le principe d'égalité. L'avocat du mari "trompé" insiste sur le fait que seul le mensonge de la demoiselle et non la moralité de l'affaire a motivé la décision du juge.
"Le divorce sanctionne un manquement aux obligations issues du mariage comme l'infidélité. Ici, il y a un vice dès le départ", a expliqué l'avocat. En matière de vice, il faut bien se demander quel est le plus vicieux dans l'affaire du mari, ou de l'avocat ?