Davos dans le brouillard
Il y a une vingtaine d'années, au Forum de Davos, les participants célébraient la déréglementation, la libéralisation des marchés, les privatisations et l'âge d'or des profits. Klaus Schwab, fondateur du WEF (World economic forum) a déclaré que cette 39e session devrait être celle de l'entrée en convalescence de l'économie mondiale. Mais y croit-il vraiment, rien n'est moins sûr.
Dans cette station de ski dont Jacques Attali dit qu'elle devient "une machine à café mondiale pendant quatre jours", chefs d'Etat, économistes, experts, chefs d'entreprise naviguent dans le brouillard. "Demandez aux experts ce qu'il faut faire et la réponse la plus honnête est : je ne sais pas" reconnaît Tony Blair. 41 chefs d'Etat et de gouvernement ont fait le déplacement, ils n'étaient que 27 en 2008.
Les uns disent que le plus dur est passé. Les autres pensent l'inverse. Nouriel Roubini, économiste, ancien conseiller de Bill Clinton, célèbre pour avoir prédit la crise des subprimes, il y a deux ans, la faillite des géants bancaires et la récession qui s'ensuivrait, affirme que la récession sera encore plus sévère que ne le prévoient les analystes.
Les uns dressent des barrières commerciales : l'Union européenne a imposé samedi des taxes à l'importation allant jusqu'à 85% sur les vis et les boulons chinois. Les autres veulent le contraire : le ministre canadien du Commerce, Stockwell Day, a fait état d'un degré élevé d'optimisme et souligné qu'il y avait consensus sur la nécessité d'éviter tout retour au protectionnisme.
Le forum s'achève ce soir, demain ne sera pas un autre jour. Pas sûr que notre sort soit entre des mains salvatrices.
Que la force soit avec nous !
Merci à l'auteur du très joli slogan qui a fleuri sur quelques manifestants le 29 janvier dernier en France "rêve général". Enfin un peu de poésie dans ce monde de brut.