La crise, l'emploi et l'étranger

Publié le par marine

Ce matin, sur l'un des blogs hébergés par le monde et tenu par deux journalistes qui collaborent entre autre au monde.fr , un lecteur avait laissé un commentaire, réaction violente honteusement xénophobe. Pourtant le post du jour paraissait plutôt inoffensif.

 

Le blog en question se propose d’examiner les effets de la crise sur le terrain. Les deux jeunes femmes mènent leurs enquêtes dans la ville de Rouen et ses alentours. « Nous avons voulu mettre des visages sur ce mot désincarné et ceux de “licenciement”, “chômage partiel”, “transferts de postes”, “départs volontaires”, en allant à la rencontre de ceux qui les vivent ou les craignent, et sont amenés à changer leur façon de vivre et de considérer l’avenir. Pour mieux prendre la mesure de cet engrenage, nous avons choisi d’effectuer notre reportage à petite échelle, en plusieurs lieux de la région de Rouen, préfecture de la Seine-Maritime, et ce durant quatre semaines. » expliquent-elles.

http://crise.blog.lemonde.fr/2009/02/04/a-un-euro-le-kilo-ca-ne-part-pas/

 

Dans le papier publié aujourd’hui, la parole était donnée à Ahmed, Mohammed, Aziz et Nourallah Chebi, vendeurs de fruits et légumes sur les marchés. Ils expliquaient que les ventes avaient diminué de 30% depuis le mois d’octobre et faisaient part de leurs observations et réflexions sur ce fait. La première réaction déposée et qui, depuis, a été supprimée, suite au dépôt de plusieurs alertes laisse sans voix : « c est quoi votre article parlez nous plutôt de nos marchés de province au lieu de parler du marché de casablanca ou d alger on s en fout nous de ces mohameds aziz chébi et autres nords africains ou alors il y a une erreur dans votre titre il ne s agit pas du marché de rouen mais d un souk nord africain cela ne nous intéresse pas nous sommes en france et ce qui nous intéresse c est comment les maraîchers de chez nous vivent cette crise et non pas comment les arabes la vivent chez eux on n en a rien à cirer LA FRANCE D ABORD DES AUTRES ON S EN FOUT au lieu de parler des arabes vous ferez mieux de parler des pauvres français votre journal est destiné à quels pays si c est à des pays arabes et bien on peut très bien s’en passer »

  le 04 février 2009 à 10:33

 

Il aurait été préférable de pouvoir répondre à ce lecteur mais en matière de commentaires, les dérapages sont presque systématiques et la rédaction du journal a préféré éliminer ce propos. Mais s’il est à peu près certain que crise ou pas, la personne qui a écrit ses lignes est xénophobe et raciste, la récession porte en elle, des réactions de rejet du travailleur étranger et plus largement des personnes considérées comme étrangères. Un comportement inquiétant qu’il convient de surveiller attentivement.

 

« British jobs for British workers»

De l’autre côté de la Manche, des milliers de salariés britanniques se sont mis en grève pour protester contre l'emploi de main d’œuvre étrangère mais néanmoins européenne dans le secteur de la production d'énergie. Total est accusée d'employer des Portugais, Italiens, Polonais, à moindre coût, en lieu et place de Britanniques de plus en plus touchés par le chômage et la crise.

 

Cette promesse faite par Gordon Brown « British jobs for British workers» (« Des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques ») en septembre 2007 lors du congrès annuel du parti travailliste, lui avait à l’époque valu d’être accusé à la fois par la gauche de jouer le jeu de l’extrême droite et par les conservateurs de vouloir porter atteinte aux lois européennes sur la libre circulation des travailleurs.

 

Tout a commencé à la raffinerie Total de Lindsey, dans le Lincolnshire. Les manifestants protestaient contre l'arrivée prévue de 400 travailleurs portugais et italiens recrutés par un sous-traitant de Total pour travailler à un projet d'expansion.
La démarche de Total est légale, selon la législation de Bruxelles qui autorise en effet toute importation de main d’œuvre européenne à condition que celle-ci soit employée selon les règles du pays (salaire minimum, droit salarial...).

Légale certes mais inexcusable, estiment les travailleurs britanniques. À l'heure où sévit la crise économique, ils n'acceptent pas que des contrats puissent leur filer sous le nez. Egalité contre moralité comme pour les primes mirifiques attribuées à certains chefs d’entreprise, même contractuelles, la crise les rend tout à fait immorales. Il semble que Total ait voulu se payer une main d’œuvre moins chère en faisant venir des travailleurs d’autres pays et se réfugie derrière la légalité pour le faire.

 

Toutefois, il convient de rester vigilant sur la dérive concernant la préférence nationale qui fait le lit de l’extrême droite. Et sur ce front, les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Les Polonais venus nombreux travailler en Irlande au temps de la prospérité sont de plus en plus regardés comme des concurrents en matière d’emploi, de logement ou d’aides sociales.

 

Encore discrets, les mouvements anti-étrangers n’en sont pas moins réels, exacerbés par la récession et la crise économique et c'est lamentable.

 

Le plombier Polonais a du souci à se faire même au-delà de l'hexagone !

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Publié dans Noir

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