"Un malheur n'arrive jamais seul", et pour Elisabeth Guérin, les malheurs donnent le meilleur d'eux-mêmes. En un mois, ils s'abattent sur elle comme la misère sur le pauvre monde. Le mari de cette béninoise de 38 ans meurt d'un cancer. Le préfet, lui refuse donc le renouvellement de sa carte de séjour au motif qu'elle est devenue veuve. Lorsque Claude, son conjoint français décède en octobre dernier, elle n'a pas les trois années de mariage nécessaires pour demander un titre de séjour définitif. Le tribunal administratif avait rejeté le recours qu'elle avait déposé contre la décision du préfet. Le 1er avril, elle est interpellée à son domicile et placée en centre de rétention à Tours. Le juge des libertés et de la détention l'avait libérée et assignée à résidence. Un collectif de soutien s'était constitué dans sa commune.
Même Brice Hortefeux a trouvé la décision d'expulsion inhumaine. Il vient de demander la régularisation d'Elisabeth Guérin. Lorsque les préfets font du zèle pour mettre en application une législation qui porte en elle-même une large part d'inhumanité, la dureté de leur décision fait frémir.
Est-ce qu'il dort paisiblement le préfet d'Indre-et-Loire ?